L’uritonnoir fonctionne parfaitement en fond de jardin. Cependant, une question restait ouverte : comment se comporte-t-il face à un public beaucoup plus important ? Plus précisément, quelle est la capacité réelle d’absorption des bottes de paille lorsqu’elles sont sollicitées en continu ?
Pour y répondre, il fallait un terrain d’expérimentation à la hauteur du défi.
Direction le Hellfest, près de Nantes
Très vite, une évidence s’impose : le Hellfest. 😈
Un coup de téléphone au responsable logistique du festival, toujours en quête de solutions sanitaires alternatives, suffit à lancer l’expérience.
Le dispositif imaginé est simple et ambitieux. Neuf balles de paille rondes sont installées. Chacune accueille trois uritonnoirs. Au total, 27 uritonnoirs prennent place au cœur du White Camp, là où près de 30 000 festivaliers viennent planter leurs tentes.

Une observation en conditions réelles
Afin de suivre le test au plus près, une petite équipe d’observation s’organise. Comme tout designer consciencieux et impliqué, nous installons également nos tentes à proximité des bottes de paille. Munis de compteurs manuels, nous sommes prêts.
Dès l’ouverture du festival, l’expérimentation commence.
Très rapidement, un phénomène inattendu apparaît. En quelques heures, les gobelets de 25 cl sont délaissés. À leur place, les festivaliers adoptent des pichets de 1,5 litre. 🍺🍺🍺🍺🍺 Le débit augmente fortement. Un véritable tsunami d’urine se profile.
Heureusement, l’uritonnoir n’est pas seul. Des solutions sanitaires complémentaires sont également en place, ce qui permet d’absorber les pics de fréquentation.

Trois jours de test intensif
La première journée se déroule sans incident. Les festivaliers se succèdent, posent leurs pichets sur les bottes de paille et vident leur vessie à un rythme soutenu.
La question reste pourtant entière : à partir de quel seuil les bottes de paille vont-elles saturer ?
La troisième journée apporte la réponse. Elle s’avère plus délicate. Un changement de balle aurait été utile. Toutefois, sur un festival de cette ampleur, les véhicules de manutention sont proscrits pour des raisons de sécurité. L’uritonnoir subit alors un crash-test grandeur nature, en conditions réelles.
Quand l’usage fait passer le message
Au-delà des chiffres, une petite victoire retient l’attention. Dans les allées du campement, certains festivaliers s’exclament :
« Ah, mais c’est pour faire du fumier… malin ! »
À ce moment précis, le pari est gagné. L’objet ne se contente pas de répondre à un besoin sanitaire. Il véhicule un message clair, immédiatement compris et accepté.

Un dispositif désormais maîtrisé
Grâce à ce test, une information clé est validée. Il devient possible de dimensionner précisément le nombre d’uritonnoirs en fonction du nombre d’usagers.
L’uritonnoir répond ainsi efficacement à de nombreux contextes :
- micro-festivals disposant de peu de moyens,
- fêtes agricoles, où la paille est facilement accessible,
- classes vertes et camps nature,
- événements sportifs, le long des trails et parcours,
- fêtes familiales et anniversaires,
- événements d’entreprise,
- campings et gîtes à la ferme,
- parcs d’aventure, accrobranche et via ferrata,
- et surtout, tous les fonds de jardin, sans distinction.
Valoriser localement une ressource précieuse
Enfin, l’objectif reste inchangé. L’urine collectée ne disparaît pas dans un réseau. Elle devient une ressource. Sur place, elle peut être valorisée directement en fertilisant naturel.
Et comme le résument certains festivaliers, avec le sourire :
« Parfait pour les tomates. » 🍅









