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L’uritonnoir | Genèse

Uritonnoir installé sur balle de paille au fond d'un jardin

Planter un urinoir dans une botte de paille… Quelle drôle d’idée !
Et pourtant, au Center for Alternative Technology de Pantperthog, au Pays de Galles, les visiteurs sont invités à uriner directement dans des bottes de paille.

L’objectif est simple, mais puissant :
associer deux déchets courants :

  • l’urine (riche en azote),
  • la paille (riche en carbone).

Ainsi, ces deux matières forment un amendement naturel : le fumain, autrement dit du fumier humain, gratuit et utile pour le jardin-potager.

Les premières limites du système

Cependant, une première observation s’impose rapidement :
uriner sur une botte de paille entraîne des désagréments, notamment des éclaboussures peu agréables lorsque le jet est mal maîtrisé.

Alors, les idées fusent.

Et si l’on fabriquait directement des urinoirs en paille ?
Autrement dit, agglomérer ce déchet céréalier pour en faire un objet. Il aurait fallu créer des moules, produire des pièces…
Mais très vite, cette solution montre ses limites :

  • et surtout, l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) ne serait pas du tout optimisée.
  • les pièces, imprégnées d’urine, se dégraderaient rapidement,
  • la fabrication serait trop énergivore,
  • le transport serait coûteux

La naissance de l’Uritonnoir

Une autre idée apparaît alors, beaucoup plus simple :
planter un entonnoir au cœur d’une botte de paille.
Un urinoir + un entonnoir = un URITONNOIR.

Les premières silhouettes sont esquissées.
Toutefois, le choix du matériau devient immédiatement stratégique.

Un objet lié à l’environnement doit-il être forcément biodégradable ?
L’amidon de maïs, par exemple, pourrait rendre l’objet compostable.
Mais là encore, nouvelle impasse :
en contact permanent avec l’urine, le matériau se dégraderait trop vite.
Cela en ferait un objet jetable, donc énergivore à produire, à remplacer… encore et encore.

Le choix du matériau durable

Par conséquent, une évidence s’impose :
cet ustensile doit être réutilisable.
Il faut donc penser durable.

L’inox ?
Trop lourd pour se maintenir correctement dans la paille.

Finalement, le choix se porte sur le même matériau que les écocups de festivals : le plastique.
Dans certains contextes, ce matériau possède une réelle pertinence.

Le matériau retenu est alors le polypropylène (PP) :

  • recyclable,
  • léger,
  • résistant,
  • et parfaitement adapté à un usage extérieur.

De plus, pour une utilisation en plein air, l’objet est protégé contre les UV et le gel.

Ainsi, l’une des grandes difficultés de l’éco-conception apparaît clairement :
identifier le juste matériau, ni trop fragile, ni inutilement complexe.

Une des principales difficultés en éco-conception consiste à identifier le JUSTE matériau.

Contrairement aux écocups, que l’on accumule chez soi (la consigne appliquée n’étant toujours pas suffisamment élevée, 1€…), personne ne quittera un festival avec un urinoir sous le bras…

Ainsi naît l’uritonnoir !

Un petit objet très accessible, découpé dans une feuille de PP, expédié à plat et à monter soi-même.

Un petit objet qui raconte une histoire toute simple :

Cessez de disperser vos urines à tout vent !
Préférez-la concentrer dans une botte de paille.
Et ainsi, valorisez-la en engrais pour votre jardin-potage
r !

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